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  • il y a 4 jours
  • 3 min de lecture

 

Rendez-vous le mardi 30 juin de 18h30 à 20h, salle Claret (métro Patte d’Oie), nous débattrons autour du thème « démocratie et écologie ». 

Quand Lincoln en 1863 prononce la phrase connue de tous « la démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », il ne savait pas que ces mots deviendraient l’article 2 de la constitution française de la 4° république… et qu’ils  inspireraient l’équipe des SST…

  • Le 4/10/2019, lancement de la convention citoyenne pour le climat dont 60% des conclusions ont déjà ... seulement... été mises en œuvre…. Gouvernement du peuple

  •  Chacun d’entre nous  est un acteur de la transition climatique : tri, transport, alimentation, choix de consommation …Gouvernement par le peuple

  •  Tous, entreprises, agriculteurs, enseignants, collectivités locales, porteurs de projets politiques sont  en responsabilité devant cet enjeu primordial qu’est la sauvegarde de notre planète…. Gouvernement pour le peuple

 

Nous espérons que l'écoute du podcast vous incitera à nous rejoindre le 30 juin, vos avis, vos idées intéressent, venez les partager !  Avertissez-nous en nous envoyant un mail à semsoc@free.fr 

Table ronde du mardi 2 juin "Démocratie et pauvreté" - Antenne de Toulouse

Le constat est lourd, on compte près de 10 millions de personnes pauvres en France, en 2026, soit 14% de la population. Pour une personne seule, le seuil de pauvreté est fixé en France à 1102 euros / mois, pour un couple avec deux enfants à 2975 €/ mois. L’INSEE a tenté une définition de la grande pauvreté. Elle touche 2 millions de personnes qui disposent, pour une personne seule, d’au plus 900 €/ mois. Par ailleurs, 33% de la population se sentent abandonnés, exclus, inutiles ..  (Fondation de France)

 

Tous ceux qui sont engagés dans la lutte contre la pauvreté sont d’accord sur deux points :

·        L’aide monétaire n’atteint pas tous ceux auxquels elle est destinée

·        Cette aide est un palliatif qui ne restaure pas la confiance et ne vainc pas la peur

·        Ces aides sont mal connues de l’ensemble de la communauté française ce qui freine la possibilité de  relations humaines avec les plus démunis.

Vivre la pauvreté est une activité à plein temps : chercher un toit pour la nuit, un logement pour les enfants, de l’argent pour le quotidien, de la nourriture pour aujourd’hui, un lieu pour se laver et laver ses vêtements, accompagner les enfants à l’école et les emmener dans un endroit sain ensuite, obtenir un rendez-vous avec l’assistante sociale ou la préfecture….avec la honte au cœur et l’angoisse du lendemain au ventre …..

Vivre la pauvreté, c’est perdre la confiance en soi, croire que l’on est nul, qu’on ne sert à rien, qu’on n’en sortira jamais.

Et si le premier mot à prononcer était « Respect » !

Parce que ce mot se décline de multiples façons quelle que soit notre place dans la société, notre lieu de vie, notre fonction, notre rôle dans la famille, dans l’entreprise, dans l’administration. Le prononcer conduit à réfléchir autrement aux questions posées par la grande pauvreté et tout d’abord « faire avec les plus pauvres » et non pas faire à leur place, pour eux sans connaître vraiment leurs besoins et leur vie.

La déclinaison de ces deux objectifs peut être réalisée à tous les niveaux de l’action :

              -Au niveau macro, l’état, les collectivités, les administrations :

·       Manifester le respect dû à chacun (accueil, paroles, regards, gestes..) même lorsqu’il ou elle est dans une situation non légale….

·       Faire connaitre les droits des personnes sur des supports connus, accessibles, faciles à consulter et comprendre, disponibles en présentiel. Ne pas croire au tout numérique

·       Prendre conscience de la maltraitance institutionnelle

·       Faire connaitre les aides, les lieux d’accueil, les points d’eau….

-Au niveau intermédiaire (meso), les associations, les écoles, les cercles …:

·       Redonner confiance par une relation « normale », ni vindicative, ni hautaine, sans jugement. Prendre conscience de la maltraitance sociale

·       Lutter contre l’isolement, Orienter vers le pouvoir d’agir, vers l’inclusion dans un groupe, dans une association…permettre de devenir acteur

·       Intégrer les enfants qui portent l’espoir des parents

·       Inviter les responsables administratifs et faire des remontées aux politiques  (équipe ACO aux Sept Deniers, ATD la cépière)

-Au niveau individuel (micro)

o   Passer de l’aide à l’entr’aide. Ne pas travailler « en silos ». Mais développer les soutiens : les familles, les voisins, les professionnels et les associations pour lutter contre l’isolement

·       S’engager, Pratiquer l’accompagnement de ceux qui le souhaitent, se former à l’accompagnement

·       S’émerveiller des savoir-faire de ceux que l’on accompagne, demander à apprendre….

 

Rendez-vous de 18h30 à 20h00 :

⏰mardi 2 juin pour une première table ronde "Démocratie et pauvreté" ⏰mardi 30 juin pour une deuxième table ronde "Démocratie et écologie" 📍Salle Claret, 2 place de la patte d’oie, 31300 Toulouse Métro Patte d’oie

Inscription gratuite par mail : semsoc@free.fr

🎧Pour en savoir plus, écoutez ce podcast - épisode 1pour annoncer la table ronde du mardi 2 juin.



Intervention de Benoît HALGAND aux Semaines sociales de Paris(antenne de Paris)

Lundi 20 avril 2026

 

Benoît Halgand, ingénieur de formation, occupe un poste de responsabilité au sein du « Campus de la transition ». Le Campus de la Transition se veut un lieu unique d'accueil de groupes en formation, de chercheurs, de professionnels et de résidents au sein d'un écosystème dont la mission est de « former pour transformer ».

Benoît est aussi membre d’un mouvement d’Eglise « Lutte et contemplation » qui reprend le titre d’un livre de Frère Roger, fondateur de la Communauté de Taizé. Le collectif Lutte et Contemplation est né au cours de l’année scolaire 2022 – 2023. Il est le fruit de la fusion d’une double dynamique qui résonne avec le nom du collectif : un groupe de prière et d’échange et un groupe de mobilisation.

La conviction que la société de consommation ne peut pas supporter la transition environnementale.

En tant qu’élève de polytechnique, Benoît aurait pu choisir une autre voie. Il aurait pu intégrer une grande entreprise et chercher à influer la politique RSE (Responsabilité sociale et environnementale) pour concilier son engagement professionnel et ses convictions chrétienne et écologique. Or, son choix est celui d’un renoncement conscient. En effet, il est ressorti de son expérience de rapprochement avec le monde de l’entreprise un doute conséquent sur la volonté des grands groupes de « verdir » leur politique. Le passage du « Greenwashing » au » Greenbashing » ne laisse guère de doute, à son sens, sur le caractère éphémère et artificiel de l’engagement environnemental. Le fait que certains dirigeants plus impliqués dans la transition environnementale aient été évincés a confirmé son sentiment.

Cependant, pour Benoît, la problématique environnementale dépasse les questions de personne. La société de consommation repose sur l’exploitation de désirs suscités artificiellement, aux fins d’optimiser les profits. La prédominance de la finance accentue le trait vers le profit immédiat. Or, celui-ci conduit au déni de responsabilité. Les entreprises ont tendance à systématiquement renvoyer au choix du consommateur ou à l’impuissance de l’Etat leurs propres défaillances en matière de transition écologique. Dès lors, la société de consommation en tant que telle peut être considérée comme une « structure pécheresse », au sens de la doctrine sociale de l’Eglise.

Le champ politique n’est pas à déserter, mais il n’offre pas la clé pertinente de la conversion écologique.

Certes, les citoyens en tant que consommateurs peuvent orienter des choix. Certes, l’Etat peut intervenir par des normes et par une juste information publique. Il est possible d’ailleurs de saluer l’excellent travail de la Direction générale du Trésor qui a mis en évidence qu’au-delà des effets sanitaires, la pollution de l’air engendrait des effets économiques particulièrement négatifs (Trésor-éco, n° 380, février 2026).  

Il ne s’agit, en aucune façon, de déserter le débat politique. Il est nécessaire de se battre pour un mix énergétique décarbonisé (en France, énergie nucléaire et énergies renouvelables), pour l’application de la directive du 30 avril 2025 relative à l’efficacité énergétique, pour des normes réduisant l’artificialisation des sols, etc. Ce qui importe, c’est aussi d’éviter toute confusion entre transition environnementale et renforcement des inégalités de classe ou entre nations. Il serait regrettable que les normes qui protègent la planète ou la santé humaine soient dénigrées comme des instruments de pouvoir et de domination d’une classe sociale ou des Etats les plus favorisés dans le commerce mondial.

La praxis est la clé du changement.

Il reste que le changement repose sur un engagement de terrain et des modèles alternatifs d’organisation civile et professionnelle qui substituent à la spéculation, la solidarité.

Les modèles mutualistes et coopératifs représentent des structures pertinentes.

Plusieurs exemples peuvent être cités ;

-          L’Association pour le maintien d'une agriculture paysanne (AMAT) permet de nouer un partenariat entre un groupement de consommateurs et un paysan ou une ferme dans le souci d’une agriculture biologique et responsable.

-          Les systèmes d’échange locaux. Le système d'échange local (ou SEL) est un système d'échange de biens ou de services au sein d'un groupe fermé, le plus généralement constitué en association de loi 1901.  L’objectif est d'accéder à des échanges égalitaires et de tisser des liens de réciprocité.

-          La coopérative de ventes de produits bio, La Fourche. La coopérative achète directement aux producteurs et privilégie les circuits courts. Elle demande à ses adhérents une contribution en argent ou en temps et offre ensuite des produits bio en recherchant non la pléthore de produits, mais le respect de la dignité du producteur et du consommateur.

Les associations chrétiennes peuvent être porteuses d’un projet écologique et solidaire. Toutefois, c’est encore rarement le cas. Les paroisses sont rarement intéressées par un projet de réduction de l’impact carbone ou sur une réflexion sur les usages.

Cela vaut aussi pour l’Eglise. Les JMJ, à titre d’exemple, sont encore organisées à l’échelle internationale, quand il serait possible d’organiser des rassemblements à l’échelle continentale.

La question écologique est-elle un « signe des temps » ?

La question est posée, après Laudato si' et Laudate deum, de savoir si la question écologique n’est pas un « signe des temps ».  Les signes des temps sont les événements, tendances et aspirations qui caractérisent une époque et dans lesquels il est possible de discerner la présence ou l’appel de Dieu. L’Eglise doit les » lire à la lumière de l’Evangile » (Gaudium et Spes). Un signe des temps n’est pas simplement un fait sociologique. C’est un fait historique qui, interprété théologiquement, prend sens dans l’histoire du salut. Un défi inédit, comme la sauvegarde de la Création de la destruction humaine des ressources planétaires et de la biodiversité, pourrait relever d’un signe des temps.  La question est posée. Jean-Bastaire invite à considérer la question écologique comme un appel à la conversion,  quand il écrit dans la revue Etudes (2005) : « L'écologie est un signe des temps pour l'Église. Elle lui pose une question qui est loin encore d'être entendue dans toute sa profondeur révolutionnaire. »

En conclusion, il est difficile de penser que la radicalité écologique pourrait être absente de la réflexion et de l’action des chrétiens de notre temps. La 97e rencontre annuelle des Semaines sociales de France avait, à juste titre, retenu comme thème « écologie et radicalité ».

 

Philippe Garabiol

Responsable de l’antenne parisienne des Semaines sociales

 

 

 

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